« Oui mais non! », biais cognitif de statu quo

Blog | « Oui mais non! », biais cognitif de statu quo

Vous donnez un conseil à un ami ou à un collègue. Il acquiesce et, en même temps, vous répond: « Oui mais non! ». Vous-mêmes  êtes peut-être celui ou celle qui répond de cette manière? Ou bien le dialogue se passe entre vous et vous. « Oui », vous envisagez un nouveau projet intéressant, puis vous hésitez et vous vous dites « mais non ». « Oui », vous venez de trouver une solution, puis vous vous rétractez: « mais non ».

Du coup, on en reste là. « Oui mais non » est symptomatique d’un biais cognitif: le biais de statu quo.

Oui mais non

Car cette réplique reflète bien un statu quo, un état interne où on ne bouge pas. On y reste « assis entre deux chaises », ou plutôt entre deux décisions. Et c’est comme un serpent qui se mord la queue: on tourne en rond et rien n’avance. Cette indécision chronique n’est pas agréable à vivre:

  • – une solution s’impose,
  • – on y renonce,
  • – puis on justifie rationnellement par des arguments.
  • – alors la vie prend des décisions pour nous, pas toujours celles qu’on aurait souhaitées.

Un « oui mais non » désagréable pour soi

Qu’est-ce qui fait qu’on reste dans un état d’indécision? Nous pouvons remarquer par nous-mêmes nos états internes, cognitifs et émotionnels, associés:

  • – une incertitude sur la décision à prendre. Car celle-ci serait irrémédiable et ferait certainement tourner une page dans notre vie. Comme, par exemple, un tournant professionnel, une rupture amoureuse, un nouveau départ, l’acquisition d’un bien …
  • – un certain confort apporté par la situation actuelle. Même si celle-ci n’apporte pas tout le bien-être souhaité, au moins elle est connue. Alors qu’on a peur de ce que l’on ne connaît pas. Et nous restons dans un entre-deux pas très agréable. Pour cela voir le billet sur « le confort, une illusion de bien-être ».
  • – des doutes permanents sur ce que l’on fait: est-ce bien, est-ce mal? Alors, on recherche une reconnaissance, un signe, un conseil avisé dans le regard de l’autre. Or, tout conseil avisé, aussi pertinent soit-il ne calme pas le doute interne.

Est-ce que cela arrive à tout un chacun? On peut remarquer par soi-même que c’est plus symptomatique chez certain, moins chez d’autres. Mais cela n’est pas important. Car ce qui compte c’est de voir comment:

  • – cette indécision permanente ne nous apporte pas la sérénité qu’on souhaiterait,
  • – ne nous permet pas de nous mettre en dynamique.

Comment se mettre en dynamique?

Voici quelques pistes lancées comme hypothèses à tester pour soi dans différentes occasions.

Prendre des « petites » décisions qui n’engagent pas tout un pan de sa vie, ni n’engagent à une répétition dans le temps. Notamment des petites décisions assumées dans les actes de la vie quotidienne. Par exemple, décider d’inviter une personne à boire un café, à une activité… décider de faire un bon petit plat…

Fixer la prise de décision à une date, ce qui laisse le temps de peser le pour et le contre.

Apprivoiser l’état émotionnel plus profond qui persiste et qui est associé au doute en le reconnaissant. Ainsi, la force de la peur de l’inconnu, et de toute l’imagination associée, s’estompera. C’est l’approche par la Pratique Attentionnelle Active©.

Crédit image: Gerd Altman de Pixabay (bandeau), L’auteure (figure)

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