« C’est pas ma faute! » Un biais cognitif courant

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« C’est pas ma faute! » combien de fois avons-nous prononcé ces mots? Et, combien de fois sans les prononcer, on a bien pensé que c’est l’autre le coupable, mais pas soi-même. Déjà, tout petit. Lorsque le verre sur la table, s’est renversé et cassé au passage de notre bras: « c’est mon bras, pas moi! ».

c'est pas ma faute

Et, depuis, lorsque nous sommes soumis à un sentiment inconfortable ou un mal-être, à qui est-ce la faute?

  • « Quel mauvais temps, ça me fout le bourdon »
  • « Deux confinements auront eu raison de mon moral: il est à zéro »
  • « C’est lui qui m’a énervé, grrrr! »

« C’est pas ma faute », biais cognitif de complaisance

Ce rejet de la faute sur l’autre (contexte, personne, situation, objet…) fausse la perception de notre réalité et de ce qui est en train de se passer. Il est une forme du biais cognitif de complaisance qui consiste à s’attribuer le mérite de nos réussites et à reporter  nos insatisfactions ou échecs sur une cause externe.

De cette façon, nous anesthésions chez nous le venin de la négativité, des regrets, de la frustration et culpabilité. C’est en cela qu’il nous rend service. Mais l’envers du décor, c’est que nous manquons l’opportunité d’apprendre et découvrir. Par exemple:

  • – Apprendre d’un échec pour faire autrement une prochaine fois
  • – Reconnaître ses émotions plutôt que les nier
  • – Manier ses émotions négatives pour aller vers un équilibre émotionnel
  • – Accepter que l’idéal de perfection n’est sans doute qu’un idéal
  • – etc.

Quoi faire alors?

D’ailleurs qui dit qu’il doit y avoir un coupable, un fautif? Qui dit qu’il y a une relation de cause à effet entre les conditions météorologiques et son état émotionnel? Car, si l’on associe la pluie à la tristesse, il arrive aussi qu’on soit très heureux sous la pluie et l’orage. C’est tout cet enchaînement qui crée une interprétation de notre réalité, de ce que l’on est en train de vivre et ressentir.

L’autre facette de ce syndrome: « c’est ma faute », voire « c’est ma grande faute » n’est pas mieux. Car il nous emporte dans une spirale de dégradation de soi: culpabilité, regret, auto-dévalorisation… Au moins ce biais cognitif « c’est pas ma faute » nous évite cette culpabilité.

Alors, il nous reste une méthode: voir le biais cognitif à l’oeuvre et le reconnaître comme un mécanisme de notre comportement, tout simplement. Qu’est-ce que cela nous apporte? Une compréhension et une sorte de prise de distance, qui est source de détente. Car mettre en lumière une façon de se comporter alors qu’on ne la voyait pas auparavant, ça fait du bien.

Voir aussi: La résilience: un atout au fond de soi

Crédit image: Dmitriy Gutarev de Pixabay (bandeau) et N.Vanlaethem (figure)

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